Santé au Travail

La charge mentale chez les travailleurs non salariés (TNS)

le 05/04/2021 Temps de lecture 4 minutes Mélanie Prévost

Une étude réalisée par O2 Care Services et Ipsos révèle que 20% des Français souffriraient d’une charge mentale trop intense. Dans le monde du travail, tous les statuts sont touchés par le phénomène, mais les travailleurs non salariés (TNS), peuvent être particulièrement vulnérables. Quels sont les chiffres ? Pourquoi les TNS sont-ils touchés ? Comment peuvent-ils se protéger ou sortir d’un schéma toxique ?

La charge mentale chez les TNS

Les TNS exercent une activité professionnelle non salariée. Ils ont leur propre statut et regroupent différents types de chefs d’entreprise : entrepreneur, travailleur indépendant, dirigeant

Les TNS, comme tout travailleur, peuvent être confrontés à une charge mentale trop importante. Par définition, cette dernière réunit toutes les tâches nécessitant la sollicitation du cerveau : concentration, réflexion, organisation, exécution, pression psychologique, vie personnelle, stress, etc. Trop forte, elle peut provoquer de graves troubles psychologiques ou physiques, pouvant aller jusqu’à des accidents du travail ou des burn-out. Moins visible que la charge physique que peut supporter toute personne, elle est parfois plus difficile à détecter mais les dégâts sont tout aussi, voire plus importants.

Les TNS plus touchés par la charge mentale ?

Les femmes et hommes TNS sont particulièrement touchés par une charge mentale trop forte. On peut citer en exemple les raisons suivantes :

  • Ils souffrent de leur charge de travail : en plus des sollicitations que chaque salarié peut connaître, s’ajoutent des tâches annexes qui accentuent la complexité à tout gérer : gestion administrative et comptable, gestion de crises, ressources humaines, etc. De plus, les TNS ne sont pas forcément compétents pour ces tâches, ce qui provoque plus d’erreurs et de stress.
  • Ils sont parfois isolés et ne peuvent pas s’appuyer sur un collaborateur, une équipe ou demander de l’aide.
  • La barrière est plus fine entre la vie privée et la vie professionnelle. Les dossiers en cours peuvent les suivre en permanence, au bureau, à la maison, sans leur laisser beaucoup de répit. Sans parler de la sur-connexion : les mails, le téléphone portable, les écrans… Ils sont sollicités pour toutes prises de décisions, et parfois à tout heure.
  • Ils ont une pression forte sur les épaules. Le fonctionnement et l’avenir de l’entreprise reposent beaucoup sur eux, ce qui accentue le sentiment de stress, de pression et de culpabilité face aux clients, aux collaborateurs et aux proches.

La charge mentale chez les femmes TNS

La BD réalisée par la dessinatrice Emma, qui a rencontré un immense succès, a mis en lumière la charge mentale chez les femmes. Le phénomène toucherait 8 femmes sur 10 d’après l’étude O2 Care Services et IPSOS. Selon la même étude, 2 femmes sur 3 considèrent être plus touchées que les hommes. Pour elles, la charge mentale serait plus associée à la vie personnelle. Confrontées également aux mêmes problématiques de la vie professionnelle que les hommes, les TNS femmes seraient donc encore plus vulnérables.

Quels sont les risques et comment se protéger ?

Les signaux d’une charge mentale trop importante ne trompent pas. D’après l’étude O2 Care Services/IPSOS citée plus haut, la fatigue (pour 73% des interrogés), le stress (59%) et l’irritabilité (56 %) seraient les principaux signes révélateurs. On peut aussi constater chez la personne touchée, une multiplication des erreurs, une fatigue intense et une grosse perte de motivation.

Les risques dans ce cas sont très nombreux. On peut, en réagissant rapidement, n’avoir que des troubles légers qui se soignent facilement mais, dans le cas contraire, cela peut être bien plus grave. L’étude révèle que 82% des français pensent que l’on peut aller jusqu’au burn out professionnel et 79% vers un risque d’agressivité envers les enfants et l’entourage.  Le TNS peut aussi en arriver à abandonner une activité qu’il aura construit avec toute son énergie.

Alors comment, tout en étant travailleur non salarié, se protéger d’une charge mentale trop importante et ne pas atteindre le point critique ?

Apprendre à déléguer

La première grande règle est d’apprendre à déléguer. Ce n’est pas toujours simple, mais accepter que l’on ne puisse pas tout contrôler et tout faire par soi-même est une prise de conscience essentielle. Une personne travaillant seule peut se faire accompagner par des prestataires extérieurs et un TNS ayant des salariés peut répartir les tâches. En accordant plus de confiance à ses collaborateurs c’est aussi une source de motivation pour ces derniers.

Lâcher prise

Il faut aussi apprendre à lâcher prise. Est-ce vraiment si urgent ? La situation est-elle si complexe qu’elle y paraît ? Prendre du recul et se rendre compte qu’on ne joue pas forcément son entreprise à chaque instant, peut-être un bon moyen de se déculpabiliser et de réduire son stress et sa charge mentale.

S’accorder le droit de se déconnecter

Se déconnecter est aussi une priorité absolue : il faut désactiver les notifications une fois chez soi, avoir un téléphone pro que l’on peut éteindre et bien dissocier vie personnelle et vie professionnelle.

Il est absolument nécessaire de s’écouter pour ne pas tomber dans un cercle toxique ! N’hésitez pas à en parler à votre entourage et à des professionnels si vous sentez que le phénomène vous touche. Ils pourront vous aider à trouver des solutions adaptées à votre situation.

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