QVCT
Qualité de vie au Travail

Qualité de vie au travail en 2024 : les enjeux de demain

4 minutes
La semaine de la QVCT 2024, organisée par l’ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) s’est tenue du 17 au 21 juin 2024. Nous avons suivi pour vous le webinar autour de la thématique “Santé, genre, écologie : comment adapter le travail à de nouveaux enjeux ?”. Des intervenantes sont venues partager leurs expériences dans différents domaines pour aider les entreprises à se projeter.

Intervenantes du webinar :

  • Florence Chappert
    Chargée de mission – Anact
  • Alexandra Belle
    Dirigeante des Ateliers du Faabex, conseil et travaux en écoconstruction
  • Fabienne Goutille
    Chercheuse en ergonomie – Université de Bordeaux
  • Hélène Bonnet
    Cofondatrice « Cancer & Travail : Agir ensemble » – Sanofi France, patiente-experte en cancérologie – Sorbonne Universités

Monde du travail de demain : à quoi vont être confrontées les entreprises ?

En 2024, et sur les prochaines années, les entreprises seront confrontées à de nombreux défis face à une société et un monde du travail qui ne cesse d’évoluer.

  • La montée en puissance du travail hybride : 33% des salariés français travaillent au moins une fois par semaine depuis leur domicile, selon une étude Statista. Les entreprises doivent offrir plus de flexibilité à leurs employés et leur permettre de travailler à la fois sur site et à distance.
  • Les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle (IA), vont également avoir un impact significatif. Elles offrent des opportunités pour améliorer la collaboration et l’efficacité, mais nécessitent également une formation continue pour que tous les employés puissent s’adapter.
  • L’évolution des schémas familiaux : par exemple, comme l’indique l’INSEE dans une de ces études, de plus en plus de familles sont monoparentales, ce qui implique de prendre en considération les contraintes des parents (imprévus, enfants malades, vacances scolaires, grèves des écoles…). Ce sont surtout les femmes qui sont concernées, et ces familles sont souvent les plus pauvres.
  • Les sujets écologiques de plus en plus préoccupants et centraux : les entreprises n’ont plus le choix, elles doivent s’investir dans leurs engagements éco-responsables pour contribuer à la préservation de notre planète.
  • La quête de sens toujours plus importante : les dernières enquêtes de la Fondation Jean Jaurès confirment une tendance déjà bien visible et montrent que les jeunes sont de plus en plus nombreux à chercher des métiers autour de la transition écologique, de l’égalité homme femme, du bien-être…
  • La volonté d’un meilleure équilibre vie pro/vie perso : les collaborateurs recherchent cet équilibre, d’autant plus depuis le covid 19.
  • La diminution de la population active à partir de 2040 : d’après une étude de l’INSEE “la population active continuerait de croître légèrement au cours des deux prochaines décennies, passant de 30,1 millions en 2021 à 30,5 millions en 2040, puis diminuerait pour se situer à 29,2 millions en 2070. Le repli au-delà de 2040 s’explique par une diminution de la population en âge de travailler”.
    Les entreprises doivent prendre en considération ces évolutions pour le recrutement de leurs talents et la fidélisation de leurs salariés. La qualité de vie au travail est un pilier essentiel pour les aider dans cette démarche.

L’exemple du retour au travail après une maladie

Lors du webinar, Hélène Bonnet, a partagé son expérience et les bonnes pratiques à adopter par les entreprises dans le cas du retour d’un salarié après une maladie grave, tel un cancer.

Elle a débuté ses propos par deux données importantes :

  • Les cancers arrivent 8 ans plus tôt chez les femmes que les hommes, et elles sont souvent en poste quand la maladie les touche. Avec l’allongement professionnel, de plus en plus de personnes seront concernées pendant leur carrière.
  • 1 personne sur 3 trouve le retour au travail plus difficile que le traitement du cancer en lui-même.

Les personnes retournant à leur poste après un cancer peuvent éprouver beaucoup de fatigue, ne pas avoir assez de soutien, une vie de famille à gérer à côté… Souvent, elles n’osent pas en parler, craignent de donner l’impression de manquer de courage, de ne pas paraître assez reconnaissante d’être des rescapées de la maladie et ne savent pas vers qui se tourner.
Souvent, les entreprises bienveillantes ont le réflexe de répondre aux alertes en renvoyant ces personnes chez elles pour se reposer. Mais, comme l’a indiqué l’intervenante, ce n’est pas seulement le repos qui est nécessaire, ni la solution.

Le besoin réel est de pouvoir reprendre le travail tout en pouvant s’exprimer, de pouvoir partager ce qu’il se passe pour entrer en action.

Voici quelques conseils à destination des entreprises pour accompagner au mieux leurs collaborateurs dans cette situation :

  • Les sécuriser : les rassurer sur leur poste, sur leur importance dans l’entreprise, et sur les attentes.
  • Créer un espace d’écoute.
  • Leur donner la possibilité de partager leur expérience avec des personnes qui ont vécu la même chose (des salariés en interne ou des personnes extérieures).
  • Former les managers et les services des ressources humaines à ce type de situation.
  • Proposer des temps de travail adaptés (par exemple permettre au collaborateur de revenir à temps partiel pour ne pas complètement s’isoler en cas de traitement chronique).

Des pistes pour améliorer la qualité de vie de ses collaborateurs

Les intervenantes du webinar ont tour à tour donné des pistes à destination des entreprises pour améliorer le quotidien de leurs salariés.

En voici quelques-unes :

  • Prendre en compte les modes de travail qui évoluent.
  • Se montrer respectueux de l’environnement.
  • Protéger ses salariés d’actions ou d’activités qui mettent en péril leur santé (exemple : charges trop lourdes à porter)
  • Ecouter ses salariés quand ils expriment leurs limites, un besoin de sens, de reconnaissance, etc.
  • Stimuler le débat autour d’actions concrètes.
  • Prendre en compte les différences entre chacun de ses salariés.
  • Ne pas laisser ses salariés s’isoler dans leurs problèmes.

Les entreprises peuvent réellement contribuer à l’évolution de la société vers quelque chose de plus sain et plus égalitaire. Elles devront apprendre à répondre aux besoins et attentes de chacun de leurs collaborateurs, tout en gardant des règles communes pour éviter les sentiments d’injustice.