Alors que le mercure dépasse les 40 degrés dans certaines villes, au point de fermer des écoles, qu’en est-il des conditions de travail ? Quels sont les effets de la chaleur sur les salariés, et quelles sont les obligations de l’employeur en cas de canicule ? L’Élan des Talents vous explique.

Les épisodes de canicule vont se multiplier dans les années à venir, les scientifiques et météorologistes sont assez fermes sur ce point. Mais comment concilier bien-être au travail et chaleur ? Toutes les entreprises n’ont pas la chance d’être équipées en climatiseur, ou d’être au sein de locaux bien isolés. Sans parler des personnes travaillant à l’extérieur.

Chaleur : quelle température maximale dans un bureau ?

« Il n’y a pas de température maximale indiquée dans le Code du Travail, explique Laurence George-Venot, infirmière en Santé au Travail au sein du groupe APICIL. Mais l’idéal par exemple pour un bureau est d’avoir entre 22 et 25 degrés. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) préconise l’évacuation des locaux si la température atteint ou dépasse 34°C à l’intérieur. »

Canicule et travail : que dit la loi ?

La loi est effectivement timide sur le sujet : seul un article du Code du travail (R4534-143) précise que, pour les travailleurs du secteur du BTP, l’employeur doit mettre à disposition de l’eau potable et fraîche (3 litres au moins par jour et par salarié).

L’article L4131-1 stipule quant à lui qu’un travailleur peut alerter son employeur s’il pense que son activité « présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ». Dans un tel cas, le salarié peut ainsi faire usage de son droit de retraite.

Les conventions collectives peuvent détailler également les conditions de travail (horaires adaptés en cas de chaleur, tenues exigées, etc.).

Mais peut-on parler de « danger grave » lorsqu’il fait plus de 30 degrés dans un open-space ? Ou que le costard-cravate imposé par un supérieur pèse excessivement lourd pendant les fortes chaleurs ?

Certains se souviennent peut-être de ces conducteurs de bus et de tram nantais qui, en 2017, interdits de bermudas par leur règlement, ont porté la jupe en guise de protestation. Ils auront finalement obtenu gain de cause.

Coup de chaleur, chaud-froid… Un salarié surchauffé peut-il travailler ?

Selon Laurence George-Venot, « les signes d’un coup de chaleur peuvent être les suivants :

  • Maux de tête
  • Fatigue et faiblesse
  • Crampes musculaires
  • Sudation abondante
  • Déshydratation
  • Nausées et vertiges…

Et jusqu’à des convulsions et hallucinations, voire perte de connaissance ».

Et qui dit coup de chaud dit forcément baisse d’efficacité ! À l’employeur donc de s’assurer que les conditions de travail restent correctes et supportables.

« Si le règlement impose des pantalons et chemises aux hommes, opter plutôt pour des vêtements légers, en lin par exemple, ou voile de coton ».

Climatisation trop forte : attention au chaud-froid !

Il n’est pas rare à l’inverse de voir des entreprises insister un peu trop sur la climatisation. Au point pour les salariés d’avoir même froid à l’intérieur des locaux, alors que le thermomètre explose à l’extérieur ! « Le contraste chaud-froid n’est pas bon non plus pour les travailleurs, explique Laurence George-Venot. Cela fatigue le corps et peut générer des trachéites. Il faut donc limiter la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur ».