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Laurence Glorieux, entrepreneure : « le plus important est de savoir bien s’entourer »

le 23/06/2021 Temps de lecture 4 minutes

Elle en rêvait depuis enfant, et elle l’a fait. Après de nombreuses années à se chercher, et enchaîner des expériences professionnelles, Laurence Glorieux a créé sa société de robes personnalisables en 2020. Elle raconte son parcours atypique, et explique comment les associations et incubateur l’ont aidée à définir et finaliser son projet.

Laurence Glorieux

Pourriez-vous nous présenter votre activité ?

Je vends des robes personnalisables que j’ajuste à la morphologie de la cliente. Elles sont fabriquées dans un atelier lyonnais, avec un tissu français. La cliente passe commande et reçoit sa robe 14 jours plus tard. Ce sont des pièces uniques.

Avez-vous toujours été dans le secteur du vêtement ?

Après un Bac Pro et un BTS, j’ai obtenu le diplôme de l’Ecole Supérieur des Industries du Vêtement (ESIV). Je suis vraiment une technicienne du vêtement, avec une fibre artistique. J’ai travaillé dans le secteur du vêtement comme coordinatrice technique, responsable d’un atelier dans une TPE, et enseignante en patronage.

Cependant, je suis sortie du secteur pour diverses raisons : la grosse crise économique du vêtement, le démarrage de la fast-fashion*, l’hyper-délocalisation… Je ne me retrouvais pas du tout dans ces valeurs.

J’ai fait ensuite d’autres métiers, comme analyste sensorielle pour le groupe Nestlé, directrice d’une association sportive de 500 adhérents, j’ai été formatrice de dentelle aux fuseaux… Des métiers très variés et enrichissants !

 

C’est effectivement un parcours riche en expériences. A quel moment avez-vous commencé à contacter des associations ?

En 2013, au moment où je me posais le plus de questions sur ce que je voulais vraiment faire, j’ai été accompagnée par l’association Co-naissances à Lyon. J’ai suivi le parcours orientation, afin d’identifier ce qui m’animait le plus, ce qui me tenait à cœur. C’est le vêtement personnalisé : j’en faisais déjà dès mes 13 ans, bien avant de l’apprendre à l’école.

J’ai défini un projet autour du textile, sur de la petite série. En parallèle, ma sœur a démarré une start-up en yaourt « Fleurs et Aromates », et elle m’a demandé d’intégrer sa structure, car son associée partait. Comme je connaissais le projet et que c’étaient des belles valeurs, j’ai mis de côté mon projet de vêtements, et j’ai accepté. Environ un an plus tard nous avons fait une liquidation – cessation d’activité. Je m’étais surinvestie dans cette start-up, et j’étais à la limite du burn-out.

J’ai alors intégré l’association 60 000 Rebonds. J’y suis resté un peu plus de 2 ans. J’ai pu déposer tout ce que j’avais sur le cœur, dans un cadre bienveillant, avec de l’écoute. Il y avait un accompagnement individuel, et toutes les 3 semaines un atelier groupe, ce qui permettait notamment de ne pas rester seule. L’accompagnement y est très professionnel. J’ai redéfini mon projet de robes personnalisables, ajustées à la morphologie ; un projet aligné avec mes connaissances, mes valeurs et ma personnalité.

J’ai trouvé dans le même temps une activité alimentaire en lien avec mon projet : j’ai occupé un poste de conseillère de vente dans le prêt-à-porter durant 18 mois, ce qui m’a permis d’identifier des problématiques dans les boutiques.

 

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

J’ai intégré un incubateur il y a deux mois : le centre entreprenariat Manufactory. Cela me permet de prendre du recul, de ne pas être seule, d’être aidée dans les secteurs que je ne connais pas comme la finance et d’être challengée. C’est important car le vêtement reste un secteur assez difficile, même si c’est un secteur que je connais. J’avais besoin de rencontrer d’autres entrepreneurs venant d’autres secteurs d’activité. Comme tout entrepreneur, le doute peut très vite arriver.

Je suis maintenant très bien entourée. C’est le plus important selon moi : savoir bien s’entourer.

 

Quelle est la prochaine étape pour votre entreprise ?

Je fais des pré-ventes : l’objectif étant justement de lancer la fabrication pour une livraison en septembre-octobre. Ensuite, je vais communiquer davantage, et prévois un lancement de marque officiel en octobre. L’incubateur m’aide et je trouve l’accompagnement professionnel dont j’ai besoin.

 

Un conseil aux entrepreneurs qui n’osent pas se lancer ?

Prendre des risques, sans se mettre en danger. Et oser ses rêves!

 

 

* Fast-fashion : tendance des entreprises de mode à renouveler très rapidement leurs collections et vendre à petits prix

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