De nombreuses formes de management voient le jour aujourd’hui pour répondre aux attentes des collaborateurs, les fidéliser et les motiver. Nous évoluons dans une époque remplie d’incertitude et nous sommes de plus en plus en quête de sens notamment dans le cadre de notre travail. Nous cherchons en quelque sorte un travail qui nous ressemble et dans lequel nous pouvons réellement nous épanouir. Certaines entreprises ont choisi pour cela de devenir des entreprises libérées. Qu’est-ce-que le management libéré et comment fonctionne-t-il ? Quels sont ses avantages et les dérives possibles ?

Définition de l’entreprise libérée

La notion d’entreprise libérée a été développée à la fin des années 80 par Tom Peters. Le terme d’”entreprise libérée” est quant à lui apparu dans l’ouvrage Liberté & Cie d’Isaac Getz et Brian M. Carney paru en 2012. Le livre présente différents exemples de grandes entreprises aux quatre coins du monde (France, Etats-Unis, Japon et Finlande) qui ont choisi ce mode de fonctionnement et qui ont vu leur rentabilité exploser. L’entreprise libérée est aujourd’hui aussi très populaire en France.

L’entreprise libérée n’est pas un modèle à suivre à la lettre, il n’y a pas non plus de règles pour l’appliquer dans son entreprise. Il s’agit plutôt d’une pensée qui favorise deux aspects essentiels pour l’Homme : la liberté et la confiance. La transparence et le collaboratif ont aussi une place très importante.

L’entreprise libérée est une nouvelle forme de management qui part du principe qu’en laissant de la liberté aux collaborateurs, en leur laissant prendre des initiatives, on les responsabilise et on accroît leur motivation et leur productivité. Nombreuses sont celles qui ont aujourd’hui adopté ce principe au sein de leur structure, tout secteur confondu. On peut citer par exemple Décathlon, Kiabi, la Maif, Michelin, etc.

Les entreprises peuvent ainsi proposer à leurs collaborateurs de prendre part aux décisions importantes, de faire évoluer leurs postes, d’aménager leurs horaires comme ils le souhaitent, de choisir leur lieu de travail (télétravail, coworking…), leur manière de travailler, etc. Les interventions de la hiérarchie sont réduites. Certaines entreprises poussent le concept jusqu’à proposer aux collaborateurs de choisir eux-mêmes leur salaire pour lutter contre le sentiment d’injustice.

 

Les avantages de l’entreprise libérée

La liberté et la confiance sont deux éléments fondamentaux pour un épanouissement personnel. En ne contrôlant pas chacun de leur faits et gestes on offre aux collaborateurs de nouvelles perspectives. Les bienfaits de l’entreprise libérée existent aussi du côté de l’entreprise. Le contrôle leur coûte : la démotivation des salariés et le manque de créativité entraînent des pertes directes.

Les avantages sont nombreux et apparaissent parfois là où on ne les attend pas. Adopter ce modèle libéré permet de lutter contre la routine qui pèse sur les collaborateurs, contre la démotivation, contre le sentiment d’injustice, contre les conflits internes, etc.

Prenons un exemple concret. Une personne ayant déjà passé un certain temps à un poste peut avoir le sentiment d’en avoir fait le tour et souffrir de la routine. En lui imposant de rester à son poste tel qu’il a été défini, une forte baisse de motivation et parfois même un véritable sentiment d’anxiété et de perte de confiance peuvent s’emparer d’elle. Si cette personne a la liberté de varier ses missions ou ses conditions de travail, elle peut se voir pousser des ailes. L’entreprise, quant à elle, ne perd pas son collaborateur et peut développer ses compétences en interne.

 

Les limites du management libéré : attention aux dérives !

Les critiques envers l’entreprise libérée sont importantes et des dérives sont mises à jour.
Certains considèrent qu’il ne s’agit que d’une façade dorée pour cacher une réalité bien moins reluisante. Des entreprises sont par exemple accusées de contrebalancer les avantages de ce fonctionnement très attractif par des salaires plus bas et conditions de travail plus précaires. C’est le cas par exemple de Décathlon qui est vivement attaqué dans plusieurs articles.

La quasi-absence de hiérarchie et le management collaboratif peuvent aussi entraîner une déstabilisation du fonctionnement général de l’entreprise. Des forts caractères peuvent prendre le dessus sur d’autres types de profils et une hiérarchie moins contrôlée et plus néfaste peut se mettre en place.

L’entreprise libérée n’ayant pas de règles bien définies, on peut s’y perdre si on ne met pas un minimum de cadre. En se lançant tête baissée dans cette démarche on peut y laisser des plumes et fortement perturber ses collaborateurs ! Certains d’entre eux sont plus sereins dans un cadre plus classique avec une hiérarchie bien établie.

Comme pour beaucoup de mutations au sein d’une entreprise, les choses sont à faire à son rythme, à son image, en sollicitant les collaborateurs pour que les choses se passent au mieux, pour des résultats heureux et pour éviter les dérives.