Formation

Reconversion professionnelle en 2021 : quels sont les droits des salariés ?

le 22/06/2021 Temps de lecture 4 minutes Mélanie Prévost

Une récente étude réalisée par Maformation.fr dévoile que la crise sanitaire de la covid-19 et ses confinements successifs ont déclenché pour la moitié des actifs interrogés une envie de reconversion professionnelle. Employeurs ou membres des services RH, certains de vos collaborateurs sont certainement touchés par ce besoin de changement ! Alors, quels sont leurs droits ? Quels dispositifs devez-vous connaître pour les accompagner dans cette démarche ?

La reconversion professionnelle chez les salariés

La crise de la covid-19 a provoqué pour de nombreuses personnes une véritable introspection et une remise en question forte, favorables aux envies d’évolution professionnelle.

Plusieurs raisons peuvent pousser un collaborateur à changer de travail. Toujours d’après l’étude réalisée par Maformation.fr, le principal moteur de cette démarche serait la volonté d’avoir un meilleur équilibre vie pro – vie perso.

Lorsqu’un salarié souhaite faire une reconversion professionnelle, il peut faire valoir certains de ses droits auprès de son entreprise et notamment ses droits à la formation. Au-delà des obligations légales, une entreprise peut trouver un véritable intérêt à accompagner ses collaborateurs dans cette nouvelle aventure : elle peut par exemple conserver ses talents en les faisant évoluer au sein même de son organisation.

 

Quels sont les droits des salariés d’une entreprise et les aides à la reconversion professionnelle ?

Le projet de transition professionnelle

Le projet de transition professionnelle remplace le CIF (Congé Individuel de Formation), supprimé au 1er janvier 2019. Il permet à un salarié de financer tout ou une partie d’une formation certifiante en lien avec son projet, tout en obtenant un congé par son employeur avec maintien de salaire. L’entreprise a le droit de refuser le congé sous certaines conditions : le collaborateur doit en effet avoir une certaine ancienneté et il ne faut pas que son absence puisse avoir des conséquences préjudiciables au fonctionnement de l’entreprise. Ce sont les commissions paritaires interprofessionnelles régionales (CPIR), appelées également associations Transitions Pro (ATpro) qui sont charger de financer ce dispositif.
Pour plus d’informations, rendez-vous au lien suivant : https://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle/formation-des-salaries/article/projet-de-transition-professionnelle .

La mobilisation du compte personnel de formation (CPF)

Chaque salarié cotise tout au long de sa carrière sur un Compte Personnel de Formation (CPF). Avant le 1er janvier 2019, la cotisation se faisait sous forme de points, désormais il s’agit d’un compte crédité en euros (exemple : 500 euros par an pour un salarié à mi-temps ou plus). Ce montant collecté est disponible sur https://www.moncompteformation.gouv.fr. Il suffit de créer un compte en y indiquant quelques informations personnelles, type numéro de sécurité sociale, pour arriver sur un espace résumant les fonds disponibles et un annuaire des formations.

Le salarié peut réaliser la formation de son choix (et pas forcément en lien avec son poste) sur son temps personnel. S’il souhaite la réaliser entièrement ou en partie sur son temps de travail et maintenir son salaire, il devra en avertir et obtenir l’autorisation de son employeur. La demande doit être faite au minimum 60 jours avant le début de la formation si sa durée est inférieure à six mois et au moins 120 jours avant si la formation dure six mois ou plus. L’employeur à quant à lui 30 jours pour apporter sa réponse. S’il ne le fait pas dans le délai imparti, cela vaut acceptation de la demande.

La démission et les allocations chômage

Depuis le 1er janvier 2019, un salarié a le droit de démissionner pour faire une reconversion et d’obtenir des allocations chômage, qu’il ne pouvait obtenir auparavant qu’en cas de licenciement ou de rupture conventionnelle. Il doit pour cela avoir 5 années d’activité continue sur les 60 mois qui précèdent la démission (pas forcément dans la même entreprise) et être titulaire d’un contrat à durée indéterminée à temps partiel ou complet. Le gouvernement a mis en place un site pour connaître toutes les conditions d’éligibilité : https://demission-reconversion.gouv.fr/ .

Autres dispositifs d’aide à la reconversion professionnelle

Un salarié peut également faire valoir ses droits auprès de son employeur pour :

  • un plan de Développement des Compétences (PDC) : anciennement appelé Plan de Formation, il permet à un salarié de développer ses compétences et pourquoi pas se reconvertir au sein même de son entreprise ;
  • un congé pour passer une validation des acquis de l’expérience (VAE) s’il souhaite acquérir une certification de qualification professionnelle ou un diplôme, utiles pour voguer vers de nouveaux horizons ;
  • une reconversion ou la promotion par alternance, appelée aussi Pro-A (anciennement période de professionnalisation) ;
  • un entretien professionnel, obligatoire pour chaque salarié tous les deux ans, qui permet à l’employeur de connaître notamment les besoins d’évolution en interne mais aussi de formation.

Vous l’aurez compris, les dispositifs sont nombreux ! Des sites internet très complets vous permettront d’en savoir davantage si vos salariés vous questionnent sur le sujet.

Derniers articles